De Genève à Gaza: Témoignage

Le deuxième voyage du conseiller national Jean Charles Rielle à Gaza en Janvier l’a tout autant bouleversé qu’une année auparavant, lors de sa première expérience dans le territoire palestinien meurti à la suite de l’offensive israélienne. Il le dit lui-même

je suis revenu cassé d’un voyage de 48 heures, cela nous a beaucoup secoué, ce que nous avons vu va bien au dela de l’entendement, des images d’une rare violence.

Avant son départ de la Suisse, les images de destructions et de désolations à Haiti lui ont rappelé sa dernière visite à Gaza après la guerre lancée par l’armée israélienne au début de l’année 2009. Jean Charles Rielle ajoute par ailleurs qu’ Haiti dévasté le rend bien évidemment triste, mais que Gaza qui est dans le même état de dévastation, le révolte en plus de son sentiment de tristesse, car cela aurait pu être évité, au contraire d’une catastrophe naturelle. Il déclare qu’il ne peut en effet que condamner cette tragédie causée par la volonté et la main de l’homme, et qui se poursuit malheureusement, une année après, à cause du maintien de l’embargo total sur ce territoire exigu à l’encontre de la population de Gaza.

Jean Charles Rielle effectue ce voyage avec un groupe parlementaire européen, des députés de tous les pays et de tous les bords. Pour se rendre à Gaza, ils s’arrêtent d’abord en Egypte. Ils subissent alors au Caire des tracasseries administratives infligées par les autorités égyptiennes, peu satisfaites de voir des étrangers témoigner des horreurs de Gaza et de montrer que leur pays participe à cet étranglement, les empêchant de quitter le même jour pour le territoire palestinien. Ils quittent toutefois le Caire pour la bande de Gaza la journée suivante.

Jean Charles Rielle et de nombreux parlementaires qui s’étaient rendu à Gaza ont été frappés de constater à leur arrivée dans le territoire palestinien la même situation dramatique et catastrophique qu’un an auparavant. La bande de Gaza soumise au blocus n’a eu en effet aucun moyen de se reconstruire.

« Le décalage est frappant avec Gaza » remarque le député suisse,l’aide internationale se démene pour venir au secours de la population à Haiti et permettre une reconstruction des plus rapide, alors que le territoire exigu de la bande de Gaza souffre encore une année après, des sévices de l’invasion israélienne qui a tout ravagé sans que les palestiniens obtiennent la moindre assistance de la Communauté Internationale ».

Il rappelle la nécessité du droit à la reconstruction, normalement octroyé à tous les pays du monde, qui a été refusé et foulé au pied complètement dans ce cas. Il raconte ensuite les destructions dont il a été témoin et toujours présentes un an après: les ruines du bâtiments de l’UNRWA, le Parlement de Gaza grandement endommagé et inutilisable, la multitude de bâtiments, immeubles, habitations et minarets des mosquées bombardés et détruits, pour la plupart des infrastructures civiles.
Monsieur Rielle témoigne de la détresse de la population, beaucoup ont perdu l’espoir d’un avenir meilleur. Ils savent ,à travers notamment ce genre de visites, que de nombreuses personnes à l’étranger se mobilisent en leur faveur et ils sont sensibles à ces marques de sympathies. Les parlementaires ont ensuite rencontré le premier ministre Hanieh et des membre du parti politique du Hamas. Le député Josef Zisiadys s’exprimant au nom de la Suisse a présenté aux officiels palestiniens les trois demandes principales du groupe des visiteurs à la Communauté Internationale :

– Reconnaissance du gouvernement de Gaza
– Fin du blocus
– participation et dédommagement à la reconstruction de Gaza pour les responsables de cette catastrophe, donc les Israéliens.

Les parlementaires ont tous salué l’acceuil chaleureux délivré par le Premier Minsitre Hanieh et des membres du Hamas. Jean Charles Rielle affirme qu’il n’a aucun problème à rencontrer et parler avec des ministres du gouvernement Hamas, lequel comme il le rappelle a été élu démocratiquement par le peuple palestinien mais dont on a nié la légitimité au niveau international. Au moment du départ, les membres du Hamas ont remercié chaleureusemet leurs visiteurs et leur ont offert des boites de fraises produites à Gaza, mais interdites à l’exportation par l’armée israélienne. Tout un symbole pour Jean Charles Rielle, qui y voit la solitude et l’isolement de la population de Gaza, isolée du reste du monde et prisonnière de son propre territoire sans aucune possibilité de sortie.

A leur retour de Gaza, le 17 janvier, les députés suisses et européens rencontrent le Président de la Ligue des Etats Arabes Amr Moussa et du Président du Parlement égyptien accompagné d‘un responsable d‘une commission des affaires étrangères.

La séance avec Amr Moussa, au dire de Jean Charles Rielle, s’est très bien passée et était très conviviale, il a répondu à toutes les questions des députés sans pratiquer la langue de bois à outrance. Le Président de la Ligue des Etats Arabes a d’ailleurs félicité les députés étrangers de leur volonté de se rendre à Gaza et de témoigner dans leur pays de la misère ambiante y régnant. Il a affirmé que lui aussi désirait visiter Gaza, sans oublier de préciser qu’il irai aussi en Cisjordanie en même temps pour ne froisser aucune partie ou créer encore plus de tensions.
Les parlementaires européens et suisses ont par la suite rencontré le président du parlement égyptien Fathi Sorour accompagné d’un responsable de la commission des affaires étrangères. Néanmoins cette réunion s’est beaucoup moins bien déroulée, les deux interlocuteurs égyptiens jouant du monologue. Ces derniers ont accusé leurs visiteurs de vouloir stigmatiser le rôle de l’Egypte à travers leur voyage à Gaza. Ils n’ont pas laissé les représentants européens et suisses s’exprimer, à l’exception de deux questions courtes après plus d’une demi heure de discours du président du parlement. Il a rappelé l’histoire du conflit israélo arabe et le rôle de l’Egypte, en répétant à plusieurs reprises comment les égyptiens avaient payé un lourd tribut et bien suffisant. Il a justifié de plus la construction du mur du côté égyptien pour la protection de la souveraineté du pays. Un réel clash s’est également déroulé durant la rencontre avec le responsable égyptien de la commission des affaires étrangères qui a accusé les députés européens de vouloir encourager les transferts de drogues de Gaza vers l’Egypte par les tunnels. Outré du ton insultant du responsable égyptien qui ne leur permettait même pas un droit de réponse, les députés ont décidé de quitter la salle et de ne pas accorder le moindre interview, pendant que le ton continuait à monter dans la salle avec le reste des parlementaires et des personnalités égyptiennes. Cet évènement a marqué la fin du séjour des députés européens en Egypte.

Jean Charles Rielle dénonce dans sa conclusion qu’il est plus facile en Egypte de parler des relations commerciales avec l’Etat d’Israel que de la situation à Gaza, dont le gouvernement est considéré comme un groupe de sauvages et de voyous par l’Etat égyptien. Il rappelle la souffrance du peuple palestinien et de la nécessité de trouver une solution pour desserer l’étau sur la population palestinienne et permettre enfin la reconstruction de la bande de Gaza.
Face au témoignage d’un acteur tel que le conseiller national suisse il devient difficile de douter encore des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui se déroulent sous nos yeux à Gaza. Nous ne pouvons que saluer ce genre d’initiative et nous ne pouvons qu’esperer que d’autres dignitaires européens et occidentaux marchent dans leurs pas et se décident à effectuer le même voyage. Il est en efffet grand temps que les responsables mondiaux ouvrent enfin les yeux sur cette tragédie.

Pour plus de renseignements ou d’images de la visite, veuillez consulter le site du conseiller national suisse Jean Charles Rielle à l’adresse suivante: http://www.rielle.info/gaza2010.htm

Comments
One Response to “De Genève à Gaza: Témoignage”
  1. Thank you for this article. It has been very difficult watching the news lately, because of this simple truth: Haitians have been suffering and the entire world got together as one to end their pain (as it should be; I am in no way suggesting that help to Haiti should cease, on the contrary). However it seems such efforts are not even an option for the leaders of this same world with regards to Palestine. They apparently see pain only where they want to see it (or where it benefits them?) and turn a blind eye when it suits them. Is human life not valuable everywhere and anywhere or are there levels and classes of human beings?? Are some men and women less "human" than others and don't deserve the same attention?Here's hoping to a world where all human life is valuable, anywhere and everywhere, and all men and women stand together in the face of pain and injustice.

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